Un renseignement!... Un commentaire!...Siface Le romanesque 1653-1697 Contemporain des castrats Matteuccio et Cortona avec qui il forme la génération miraculeuse du second Seicento , Giovanni Francesco Grossi fut, un demi-siècle avant Farinelli, un héros de roman. Né près de Pistoia en Toscane, il emprunte son surnom au scipione Africano de Cavalli dans lequel il chante le rôle de Syphax en 1678. A cette époque, il a déjà conquis Rome, son église, son théâtre, l'âme de la reine Christine et la protection du duc de Modène. Partout adulé, il défraie la chronique par ses caprices et son culot.Ainsi daigne-t-il chanter pour l'ambassadeur de France à condition que celui-ci "le paie en monnaie et non en sorbet à son habitude". L'incident diplomatique oblige le duc de Modène à mettre son virtuose aux arrêts. Où qu'il se produise, on feint de saluer en lui un grand seigneur, seigneur courtisé par le roi de l'opéra, Alessandro Scarlatti, qui le fait triompher en Mithridate dans son Pompéo napolitain En 1686, le duc, frère de la reine d'Angleterre, délègue son protégé outre-Manche -via Paris mais non Versailles car ce gran fantastico indiffère Louis XIV. A Londres, il ignore le théâtre et se produit dans les salons où le mémorialiste John Evelyn découvre "un enfant dissipé, efféminé, ombrageux et suffisant ... avare de ses talents excepté pour les princes". Toujours plus fantasque, toujoours plus cupide, donc toujours plus rare et vaniteux, il commet enfin l'erreur fatale. A Bologne, ayant pour maîtresse une riche veuve recluse dans un couvent qu'il visite à sa guise, au lieu de se taire, il s'en vante. Sur la route de Ferrare, les frères de la dame le font assassiner, privant le siècle d'un artiste dérisoire et grandiose.
Le royaume du chant leur appartient ...